mercredi, 3 novembre 2010

Au bout du chemin

Je voudrais aborder un sujet pas évident mais essentiel. Cela nous a touché, nous touche et nous touchera de manière inéluctable. C'est tout un paradoxe. Je l'avais déjà abordé ici, j'y pense régulièrement et une tragédie récente me donne envie d'en parler.

Je sais que tout ce que nous vivons est éphémère, ne durera pas! A commencer par les choses matérielles. Je me dis toujours à quoi bon m'attacher aux biens que j'ai pu acquérir, à plus ou moins grande échéance, ils cesseront d'être. Je pense que les biens matériels sont le support de la vie mais ne sont pas la vie même si la société dans laquelle je vis veut me faire croire le contraire. Ce n'est pas pour cela que je vis, ce n'est pas cela qui me donne envie vraiment. En fait, je trouve qu'il nous faut bien peu de choses pour assurer la vie. Je travaille dans cette société pour assurer la vie pas pour devenir riche d'argent ni de biens matériels. Tous les biens matériels de la terre ne me protégeront pas de l'infini tristesse de la perte de quelqu'un que j'aime.

Concernant mes semblables, je le dis, je veux être riche d'interactions. Je veux être milliardaire d'expériences humaines! C'est, ici et maintenant, ma vérité. Je veux enrichir mes relations avec les autres, faire de chaque relation des pierres précieuses. Je vois avec plus ou moins de clairvoyance la beauté des autres et je veux la reconnaître, l'apprécier, la célébrer. C'est pour moi essentiel car je connais la fin du chemin et elle arrivera toujours trop vite surtout pour ceux qu'on aime et qui nous aime. Savourer les moments avec les autres et tenter de les rendre plus intéressant et plus vivant!

lundi, 26 avril 2010

L'amour de la vie

J'ai 36 ans et petit à petit je sens que les choses évoluent. Tout d'abord mon corps. J'ai la vue qui baisse légèrement même si tout va bien selon les critères de médecine, je le sens. mon corps évolue, ces réactions se font moins aisés, légèrement moins et je le sens. Mon cœur tape dans ma poitrine avec plus de force mais moins facilement qu'avant. Je mange un peu trop, je suis gourmand et le vin, même si je l'apprécie, me fait des aigreurs d'estomac. Ces signaux faibles que mon corps m'envoie sont autant de limites qui me font dire que le temps passe et que ma vie est comptée. Mon corps me donne sans compter parce que c'est une machine magnifique mais il est comme un sablier, grain par grain il s'épuise petit à petit.

Et puis il y a les sentiments et les peurs. L'autre jour, j'ai entendu dans la nuit une femme qui pleurait, qui répétait sans relâche à son compagnon d'arrêter. Je devinais la voix sourde et mauvaise de l'homme énervé. Cette voix éplorée accentuée par le silence de la nuit m'a vrillé les tripes. Je réalise que mes émotions impactent mon corps directement qu'il n'y a pas de protection et que je dois vivre avec cela. Je suis capable de contrôle mais je vis en permanence avec mes émotions et quelque fois c'est très difficile. Et puis, la mort de quelqu'un ou la rencontre d'une personne que l'on admire profondément sont autant de sensations qui nous renvoient à un essentiel dans notre vie, celui de vivre pleinement, de sucer la moelle secrète de la vie, d'approcher de la vérité de ce qu'on est pour comprendre ce qu'on fait là :-)

Et puis il y a les autres, comme des miroirs nous renvoient nos propres images, nos attitudes ambivalentes, nos turpitudes. A la fois destructrices et enrichissantes, les relations avec les autres ne sont jamais simples reliées directement avec la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Entre incompréhensions et reconnaissances, le spectre est infini. Doit-on se fermer pour autant, je ne le crois pas. Je pense au contraire, que nous pouvons vivre ensemble avec la force de rester soi-même tout en gardant l'esprit ouvert.

Au final, pas grand chose à dire, juste l'humilité de me dire que j'ai l'urgence d'une vie pour accepter que les choses sont ce qu'elles sont, aimer la vie en somme ;-) !